L’art de concevoir le flux conversationnel

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Il existe un moment particulier qui se produit lorsque l’on commence à travailler sérieusement avec l’intelligence artificielle :

on cesse de penser en termes d’écrans, et on commence à penser en termes d’intentions.
L’interface devient moins importante que cette couche invisible qui relie l’utilisateur au système —
cet espace où le sens se construit et se négocie.

C’est ici que le concept de « Conversation Flow » prend place.
Et honnêtement… ce n’est pas du tout ce que la plupart des gens imaginent.

Beaucoup de designers pensent qu’une conversation IA n’est qu’une suite chronologique de messages.
Mais plus on explore ces systèmes, plus on réalise à quel point cette vision est trompeuse.

Un flux de conversation n’est pas un script.
Ce n’est pas un scénario de chatbot.
Ce n’est même pas du “UX writing”.

C’est une carte de pensée.

C’est la structure invisible qui organise la manière dont l’IA interprète, s’interroge, hésite, s’ajuste, puis agit.
Une sorte de chorégraphie en coulisses — et lorsque vous la voyez clairement, vous comprenez que c’est là que le vrai travail du designer se déroule.

Aujourd’hui, nous explorons ce monde.

Pas en tant que techniciens.
Pas en tant que prompt engineers.
Mais en tant que designers qui souhaitent comprendre comment l’intelligence circule à l’intérieur d’une interface.


Commencez ici pour comprendre l’image globale

Cet article établit le cadre général.
C’est la vue d’ensemble avant de plonger dans les détails.


Pourquoi le Conversation Flow n’est pas un simple livrable de plus ?

Dans une interface classique, l’utilisateur doit s’adapter à votre structure :

votre formulaire, vos champs, vos contraintes d’entrée…

Mais dans un flux piloté par l’IA, c’est l’inverse :

c’est le système qui s’adapte à l’expression de l’utilisateur, à son flou, à ses raccourcis, à ses phrases incomplètes.

Cela crée pour nous une nouvelle responsabilité :

nous devons concevoir le comportement du système lorsque l’utilisateur est naturel, humain, imprécis, imparfait.

Le flux conversationnel n’est qu’une manière de rendre ce comportement visible.

Et plus j’étudie cette discipline, plus j’ai le sentiment que nous construisons un pont entre deux esprits :

  • un esprit humain : émotionnel, intuitif, parfois impulsif ;
  • et un esprit probabiliste : prudent, analytique, structuré.

Concevoir ce pont est à la fois un privilège… et un défi.


Là où commence réellement chaque conversation

Tout commence par quelque chose de profondément humain :

une intention.

Pas un bouton.
Pas un diagramme.
Mais une pensée exprimée dans sa forme la plus simple.

« Je veux renouveler mon contrat. »
« Commande 30 paquets de papier A4. »
« Prépare un brouillon d’e-mail pour mon client. »

Et tout ce que fait le système ensuite est une danse autour de cette intention :
interprétation → clarification → confirmation.

Voilà pourquoi les flux conversationnels semblent presque vivants :
ils reflètent la complexité naturelle de la communication humaine.


La Carte : comment fonctionne réellement une conversation intelligente

La carte “Intention → Interprétation → Clarification → Confirmation → Action”

C’est le voyage mental derrière chaque interaction intelligente.

Pas parce qu’elle est « mathématiquement parfaite »,
mais parce qu’elle capture le mouvement essentiel qui se produit dans l’ombre.


Les trois chemins — la partie que les designers oublient toujours

En étudiant de nombreux systèmes IA, j’ai compris que presque toutes les conversations suivent l’un de trois chemins clairs.

Cette découverte a transformé ma façon de concevoir.

Voici ces chemins :

Chemin 1 — Le chemin naturel (le système comprend immédiatement)

L’utilisateur s’exprime → le système comprend → la tâche est accomplie.
C’est l’expérience “fluide” dont toutes les équipes rêvent.

Chemin 2 — Le chemin de clarification (le système a besoin de détails)

L’IA n’est pas totalement sûre, alors elle demande :

« Quel fournisseur préférez-vous ? »
« Quel jour exactement la semaine prochaine ? »
« Option A ou B ? »

Pas pour bloquer l’utilisateur, mais pour rester alignée avec lui.

Chemin 3 — Le chemin de récupération (le système n’a pas compris)

Et c’est le moment le plus humain.

Le système admet son incertitude.
Il réinitialise doucement le contexte.
Il essaie de nouveau sans perdre la confiance de l’utilisateur.

Les trois manières dont l’IA traite une requête - Rachid – L'humain d'abord - relkaddouri.com
Les trois manières dont l’IA traite une requête.

Ces trois chemins forment l’ossature de toute expérience conversationnelle.


Un exemple simple pour éclairer l’idée

Reprenons l’exemple évident : une demande d’achat.

L’utilisateur écrit :

« Commande 30 paquets de papier A4 pour la semaine prochaine. »

Voici ce que fait réellement le système :

  • il capte l’intention
  • il interprète le sens
  • il détecte les variables manquantes
  • il pose les questions nécessaires
  • il organise toutes les informations
  • il confirme
  • puis il exécute
« La véritable conversation derrière une demande simple ».
« La véritable conversation derrière une demande simple ».

Ce n’est pas de l’automatisation.
C’est de la collaboration.

Et lorsque vous le voyez sous cet angle,
vous comprenez pourquoi concevoir des expériences IA est un défi magnifique :

vous concevez le comportement mental d’un système qui veut aider.

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