Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui change réellement dans notre domaine.
Pas seulement de nouveaux outils.
Pas seulement des modèles plus rapides.
Quelque chose de plus profond.
Nous passons d’un monde où l’utilisateur exécute,
à un monde où l’utilisateur s’exprime.
Et ce changement touche le cœur même de notre métier de designer.
Avant : nous organisions des écrans
Pendant des années, notre travail se résumait à :
- Ouvrir un formulaire
- Remplir les champs
- Cliquer ici
- Valider
Nous améliorions les flux, nettoyions les interfaces,
polissions les microtexts,
et rendions tout plus fluide et plus clair.
Mais au fond, l’idée restait la même :
L’utilisateur doit suivre les étapes.
Aujourd’hui : l’interface suit l’utilisateur
Désormais, un utilisateur peut simplement dire :
« Je veux prendre trois jours de congé la semaine prochaine. »
Et l’interface — si elle est bien conçue — comprend, vérifie les conflits,
clarifie les zones floues, suggère des options.
Elle “réfléchit”, d’une certaine manière.
C’est à ce moment-là que j’ai compris quelque chose d’essentiel :
Je ne conçois plus seulement des mises en page.
Je conçois un comportement.
Une manière de penser.
C’est cela, le vrai AI Interaction Design.
Ce n’est pas un chatbot. C’est une relation.
Soyons clairs :
concevoir une interaction IA, ce n’est pas “faire une UI de chat”.
Le vrai travail consiste à définir comment le système :
- comprend une intention
- demande un détail manquant
- admet l’incertitude au lieu d’inventer
- maintient la confiance
- aide sans prendre le contrôle
Nous ne concevons plus des boutons.
Nous concevons des conversations significatives.
Les 3 types d’IA auxquels nous faisons réellement face
Avec le temps, j’ai distingué trois niveaux clairs :
- Chatbot — il répond, rien de plus
- Assistant — il vous aide à accomplir une vraie tâche
- Agent — il exécute la tâche de bout en bout, proprement et fiablement
L’avenir se trouve clairement dans assistant + agent,
là où l’utilisateur ressent une vraie valeur.
Un exemple concret (de la vie quotidienne au travail)
Prenons un cas simple dans un ERP.
Avant — version classique
Pour envoyer une demande d’achat :
- ouvrir le module
- chercher l’article
- saisir la quantité
- ajouter un commentaire
- soumettre
Mécanique. Prévisible. Ennuyant.
Maintenant — assisté par l’IA
L’utilisateur écrit simplement :
« Commande 30 paquets de papier A4 pour la semaine prochaine. »
L’IA comprend :
- l’article
- la quantité
- le moment
- l’objectif
- le service concerné
Puis demande :
« Dois-je envoyer ceci pour approbation ? »
C’est dans ce moment-là que le changement devient palpable :
vous ne concevez plus des interfaces —
vous concevez des interactions intelligentes.
Un exercice simple que j’utilise souvent
Quand je veux repenser une fonctionnalité, je me pose la question :
« Si cette tâche devenait une conversation naturelle,
que dirait réellement l’utilisateur ? »
Pas un prompt parfait.
Pas un script.
Juste une phrase humaine.
C’est là que la direction du design devient claire.
Le design devient relationnel
Je suis convaincu que l’avenir du design sera moins visuel
et davantage relationnel.
Nous passerons plus de temps à comprendre :
- comment l’IA raisonne
- comment l’utilisateur s’exprime naturellement
- où la conversation se brise
- comment la confiance se construit… ou se perd
Notre travail devient plus humain que jamais.
Parce qu’au cœur du design, il y a toujours eu :
comprendre les gens mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes,
et transformer cela en quelque chose d’utile.
Avec l’IA, cela ne disparaît pas.
Cela devient encore plus essentiel.
Une phrase que je garde toujours en tête :
« Le design ne concerne plus ce que l’utilisateur peut cliquer,
mais ce qu’il peut exprimer —
et la manière dont le système peut le comprendre avec élégance. »

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